J’ai vitrifié par temps humide, et ma finition a blanchi en séchant

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J'ai vitrifié par temps humide, et ma finition a blanchi en séchant

J’ai vitrifié mon parquet un soir d’été humide, avec le rouleau encore chaud dans la main et la fenêtre entrouverte sur une nuit lourde. Le pot venait de Bricomarché de Ruaudin, tout près de Le Mans, et l’hygromètre affichait 67 % dans la pièce, à peine 19°C. Je suis parti sûr de moi, persuadé qu’un parquet poncé proprement pardonnerait ce genre de soirée. Le lendemain, j’ai vu un voile blanc prendre la lumière sur toute la surface, et les 187 euros du chantier m’ont sauté à la gorge.

Le moment où j’ai noté que ça dérapait

La maison était déjà en désordre. Mes deux enfants adultes étaient passés prendre un café, les chaises bloquaient le passage, et je voulais avoir fini avant qu’ils repartent. J’avais poncé le parquet proprement, aspiré deux fois, puis passé un chiffon humide sans attendre assez que le bois rende son froid. La pièce n’était pas chaude, juste assez lourde pour coller aux bras. En tant que menuisier, j’ai déjà vu le bois changer d’humeur pour moins que ça.

J’ai posé la première couche trop généreusement. Je n’ai pas contrôlé l’hygrométrie, et j’ai refermé la pièce presque tout de suite pour éviter la poussière qui venait du couloir. J’ai été convaincu qu’une nuit suffirait. En réalité, l’odeur de séchage traînait encore au matin, et la surface restait poisseuse par endroits. Le blanc n’avait pas l’air d’une peinture. C’était plutôt une buée, un lait pris dans le film, visible surtout en lumière rasante.

Le tournant est venu quand je me suis baissé au ras du sol. Dans le reflet de la fenêtre, j’ai vu que le parquet avait pris une teinte laiteuse que je n’avais pas vue juste après l’application. Je me suis retrouvé immobile, le nez presque sur les lames, à chercher si c’était réparable en restant là à regarder. Pas terrible. Vraiment pas terrible. À contre-jour, les traces de rouleau ressortaient aussi, comme des plaques plus mates au milieu d’une zone qui devait rester nette.

Le pire, c’est que le défaut ne venait pas d’un seul endroit. Il commençait près de la porte-fenêtre, là où le sol gardait le frais, puis il descendait le long du mur extérieur. J’ai appris que ce genre de blanc ne se tasse pas tout seul parce qu’on l’espère fort. J’ai attendu une heure, puis deux, et j’ai compris que le voile ne se retirait pas avec le simple séchage.

Trois semaines plus tard, la galère s’est confirmée

Trois semaines plus tard, je n’avais toujours pas remis les meubles en place. Le salon servait de dépôt, la table dormait dans la chambre, et le passage vers la baie restait bouché par des cartons. La surface avait fini par durcir, mais elle marquait encore sous la main et gardait des zones marbrées. J’ai perdu du temps bêtement, alors que je pensais m’en tirer avec une simple nuit de séchage.

J’ai dû racheter du vitrificateur, louer un déshumidificateur pour quatre jours, puis reprendre le sol par endroits avec du papier 120 avant de finir en 180. Rien que la reprise m’a mangé neuf heures, sans compter la poussière qui revenait partout, même sur les plinthes que j’avais déjà essuyées. J’ai senti la note monter pour une erreur de débutant, et ça m’a saoulé plus que je ne pensais.

Les dégâts se voyaient surtout près des baies vitrées et le long du mur extérieur. Là, le film était plus blanc, presque figé, avec des reprises visibles là où j’avais repassé trop tôt sur une zone déjà en train de tirer. Au centre, le rendu restait moins mauvais, mais l’œil allait d’abord vers les plaques mates. Le parquet gardait sa structure, pourtant l’esthétique était cassée.

Je me suis senti bête devant un sol encore correct à distance, mais faux dès qu’on s’approchait. avec le temps, je sais que le bois pardonne mal les reprises tardives, surtout quand on veut aller trop vite. Pour un problème d’humidité qui viendrait des murs, j’aurais dû faire appel à quelqu’un d’autre au lieu de jouer les malins. Là, j’ai surtout gagné une reprise de chantier et une bonne dose d’agacement.

Ce que j’aurais dû vérifier avant de me lancer

Le vrai raté, je l’ai compris après coup. La pièce tournait à 67 % d’humidité, et je m’obstinais quand même parce que le thermomètre me semblait acceptable. À 19°C, le support avait encore du frais, surtout après mon nettoyage du matin. J’aurais dû laisser tomber dès que l’air est resté lourd au lieu de croire qu’un parquet sec au toucher suffisait à sauver l’affaire.

  • J’ai vitrifié juste après un lessivage, alors que le bois gardait encore de l’humidité dans les joints.
  • J’ai chargé la couche trop épaisse, en pensant gagner du temps sur le séchage.
  • J’ai refermé la pièce sans vraie circulation d’air, ce qui a ralenti la prise et marqué les zones froides.

Le piège, c’est que la première heure m’avait trompé. Le film semblait propre, presque tendu, puis il a tourné au lait dans la masse dès que l’air lourd a rencontré le sol plus froid. Les zones proches de la porte-fenêtre ont blanchi les premières, puis le long du mur extérieur, et les traces de spalter sont sorties au lieu de se fondre. Quand j’ai repassé trop tôt, j’ai seulement laissé deux plaques plus mates au milieu d’un rendu déjà fragile.

Ce que je ferais différemment aujourd’hui et ce que je retiens

Si je devais refaire ce chantier, j’attendrais une vraie fenêtre sèche, pas un simple soir un peu plus respirable. J’aurais chauffé la pièce avant d’ouvrir le pot, puis posé mon hygromètre au milieu du sol, loin de la porte et des courants d’air. J’ai fini par comprendre qu’un relevé qui bouge encore ne vaut rien pour ce genre de finition. Le bois ne ment pas, lui. Il prend ce qu’on lui donne et il le garde.

J’ai aussi appris à faire un essai sur une chute avant de lancer tout le parquet. Une petite pièce de bois m’aurait évité ce voile blanc et cette reprise au ponçage. J’étais sûr de moi ce soir-là, et j’aurais mieux fait de décaler le travail d’une journée plutôt que d’insister. Oui je sais, je m’étais juré de ne plus faire ça, et pourtant je suis rentré dans la même erreur.

Le bilan est simple, et il reste un peu bête. J’ai perdu 187 euros, trois semaines de tranquillité, et plusieurs soirées à regarder un sol qui ne me plaisait plus. Quand je suis retombé sur le ticket de Bricomarché de Ruaudin, j’ai revu la même scène et le même agacement. Si j’avais su ce que cette humidité allait faire au film, j’aurais laissé le chantier attendre, et j’aurais gardé mes nerfs pour autre chose.

Si j’avais accepté de laisser le salon fermé quatre jours et de chauffer la pièce comme je dois, cette erreur aurait sans doute été un simple contretemps. Moi, j’ai voulu gagner une soirée, et j’ai payé le prix complet. Le vitrificateur sèche bien quand l’air reste sec, avec un film clair et dur. Dans l’humidité, il blanchit, il traîne, et il laisse des marbrures que j’ai vues de trop près.

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